05.11.2011

Question de synthèse (DS) des héros héroïques ?

Séquence I : des héros « héroïques » ?

 

Objet d’étude : le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours.

Perspectives : définition de la notion de héros, l’évolution de cette notion à travers les différents mouvements littéraires.

Perspectives secondaires : les genres et les registres, les caractéristiques de la narration (narrateur et points de vue)

Problématique : que met en jeu la fiction en construisant des personnages romanesques ?

 

Correction DS : des éléments de réponse

 

1 – Qu’est-ce qu’un héros en littérature ? Evolution de la notion.

Terme polyvalent :

Ø       Personnage principal d’un roman : svt présenté dès la première page, présenté, identifié comme tel : portrait physique, portrait moral, en général développé. Personnage peut-être valorisé cf Princesse de Clèves. Titre peut être éponyme cf Le colonel Chabert. Peu d’ambiguïté sur son statut dans roman classique, roman contemporain peut être plus ambivalent et poser le pb de l’identité ds une interrogation sur la parole et sa légitimité cf Le rapport de Brodeck.

Ø       Personnage doté de valeurs morales : Souba = le véritable héros de La mort du roi de Tsongor, le seul qui survit et mène à bien une quête qui le construit, valeur positive : fidélité à la parole donnée et reconstruction après la chaos. Ou Julie ds La nouvelle Héloïse = fidélité à sa morale, à sa vertu.

Ø       Personnage porteur d’un symbolique : cf Gavroche ds Les misérables, pas le héros principal, ms devenu un nom commun car incarnation d’un type social = le gamin parisien, frondeur, débrouillard + par sa mort, héros de la liberté.

Ø       Héros peut être un personnage représentatif d’une époque, d’une société donnée : personnage « type » à la Balzac cf Rastignac = type de l’arriviste, de l’ambitieux social qui tourne le dos aux valeurs morales considérées comme dépassées et « romantiques », pour s’accorder avec les lois du monde qui l’entourent. + d’où importance du roman de formation 2nde partie du XIXème siècle. (émergence du héros individuel // mythe napoléonien ms aussi continuité du roman picaresque cf Barry Lindon)

Ø       Héros = le chef cf « Bonaparte au pont d’Arcole » : mise en scène du héros libérateur, porteur des valeurs de la République (écharpe et uniforme, étendard flottant au vent) et homme d’action, mène ses troupes à la victoire en affrontant le danger (représenté en plein champ de bataille, seul et regard vers ses troupes, mouvement vers l’avant) + « Les pestiférés de Jaffa » : porteur de valeurs grandioses ( courage, touche les bubons), invincible, (ne peut être contaminé), générosité (n’abandonne pas ses soldats) : émergence d’une figure légendaire légitimée par sa posture politique. + dimension épique, fresque d’une épopée politique et militaire échos en littérature Stendhal : le personnage de Fabrice ds La Chartreuse de Parme et Julien ds Le rouge et le noir

Ø       Héros épique, guerrier extraordinaire à la force surnaturelle, invincible cf Orlando furioso, chanson de geste du M.A, peut-être lié au chevaleresque courtois, Orlando combat pour délivrer une dame + tapisserie du XIII : combat un monstre sous les yeux de la dame + valeur religieuse : combat le dragon (diable) pour la victoire de dieu ( Jérusalem représentée en arrière-fond)

 

Evolution : non linéaire, personnages et héros en lien avec les valeurs sociales dominantes ou idéologies, représentations de l’homme et du monde. Personnages romanesques = construction de papier, rôle ds une fiction.

Ø       Mythologie grecque ou romaine = héros dès la naissance, héroïsme est acquis par l’ascendance svt divine cf hercule = demi-dieu. Accomplit des exploits extraordinaires. Epopée : Iliade : figures héroïques des combattants grecs ou troyens : Achille, Hector. Sont « soutenus » par des dieux ou déesses. Svt vecteurs de leurs vengeances ou rancunes. Cf guerre de Troie : Athéna soutient les grecs // Aphrodite, les troyens (suite de l’épisode de la pomme d’or). Hercule = folie meurtrière provoquée par la colère de Héra ( se venge ainsi de l’infidélité de Zeus). Héros ne sont pas maîtres de leur destin légendaire.

Ø       littérature contemporaine, dévalorisation de l’héroïsme épique cf La mort du roi Tsongor : personnages guerriers aux pouvoirs parfois magiques comme Tsongor, héros extraordinaire, a bâti son règne sur la mort = règne qui s’achève par la destruction de la civilisation. Incarnation du pouvoir qui n’est pas magnifiée (faiblesses, erreurs du roi, suicide …). + guerre qui finit par ne plus avoir de raison d’être, vide de sens, seulement pulsions meurtrières et orgueils individuels cf la bataille finale p 200-2001 LdeP) : «  Il ne resta sur la plaine qu’une poignée d’hommes. C’étaient les fous brûlés par la guerre, qui acceptaient d’embrasser la vengeance. Tous avaient encore un homme à tuer. Tous voulaient venger un frère ou un ami et fixaient avec la haine sauvage du chien celui sur lequel il se jetterai ». Ms notion de choix : les hommes décident, pas de transcendance divine, hommes responsables de leurs actes, ne sont pas « excusés » par une volonté des dieux.

Idem Camus La peste, « les séparés » n’ont pas voulu se sentir concernés par le mal, ne veulent pas le voir, continuent leurs activités quotidiennes, résignation qui a conduit à l’expansion du mal nazi ( métaphore de la peste). Absence d’héroïsme, de prise de conscience, lâcheté collective. Narrateur = porte une autre attitude possible, un héroïsme à construire, celui de l’homme révolté, un héroïsme par les actes, humanisme. (narrateur = médecin qui lutte concrètement contre la maladie) A // avec le contexte de l’après guerre, après le choc de la Shoah, retrouver une dignité, une morale. // recherche de la figure épique ds celle du Résistant.

Ø       Héros caractéristiques du Moyen Age : le preux, modèle à suivre, incarnation des valeurs guerrières et fidélité à son dieu et à son roi (« chansons de geste, « Chanson de Roland »), porteur d’une éthique correspondant aux valeurs dominantes cf évolution vers le roman courtois : chevalier combat pour sa dame, plus seulement pour exploits guerriers cf fin’amor = littérature « civilisatrice » // évolution du genre, public féminin

Ø       Autre évolution : la constitution d’une figure héroïque vraisemblable, à mesure « humaine », ancrée ds une époque et une société donnée + - à partir de la littérature « classique » (XVIIème siècle) dc Princesse de Clèves : figure héroïque n’est pas ds une quête extraordinaire ms ds une quête de soi, d’une réalisation individuelle svt en conflit avec les valeurs sociales dominantes (Princesse de Clèves = destin « piégé »). + Julie héroïne de l’amour impossible socialement ( Saint Preux = classe sociale inf), représentative d’un goût d’époque pour la sensibilité en écho contradictoire au rationalisme des Lumières, goût pour les larmes, le pathétique, l’expression des sentiments.

Evolution car héros svt construit ds une volonté de reproduire un monde réel, contemporain de l’auteur, doit rendre lisible un destin social ( dc réalisme, naturalisme, Balzac, Zola, Maupassant …). Cf Rastignac // société de la restauration où la réussite individuelle est montrée comme possible par les intrigues amoureuses, où l’argent domine ( monarchie = réussite par le rang social aristocratique) + principe du héros récurrent qui conforte cette tentative de reproduction réaliste, on suit le parcours de Rastignac de roman en roman. Héros ds un monde, reflet d’une réalité sociale cf Nana, archétype de la belle fille du peuple, délurée, qui n’a pas froid aux yeux. Idem Colonel Chabert écarté d’un monde où les valeurs ont changé, plus de place pour le héros militaire sous la Restauration (émergence de la grande bourgeoise financière), héros d’un monde rejeté, celui du premier empire. Cf Stendhal  Fabrice, en décalage sur le champ de bataille, reste un héros, mais romanesque «  Notre héros était fort peu héros en ce moment ».

Ø       Adaptation de La princesse de Montpensier montre cette fluctuation : ajoute de la sensualité à l’héroïne = conforme à notre vision de la femme et de la relation amoureuse, ms pas ds le texte. + met au centre du film un personnage secondaire ds la nouvelle, en fait le porteur des valeurs de raison (ne veut plus combattre), lucidité, fidélité, loyauté.

 

2 – Figure de l’héroïne

Ø       Déesses mythologiques mais pas de figures héroïques. Peut détourner le héros de son exploit (Achille) ou l’aider (Ariane et Thésée)

Apparition plus tardive, pas d’héroïne guerrière (cas particulier de Jeanne d’Arc, ms liée au XIX, début XX, notion de patriotisme), ms dès M.A. romans courtois mettent en scène la Dame pour laquelle les chevaliers réalisent des exploits guerriers. Archétype : Lancelot et Guenièvre.  

Romans baroques : héroïnes stéréotypées // héros. Précieuses les mettent en scène dans une stratégie amoureuse codifiées par des règles pré établies : une conquête à faire. (cf carte de Tendre)

Héroïne liée au sentiment amoureux cf la princesse de Clèves, en conflit avec les règles sociales, ms lutte pour préserver une morale conforme à ce qui est attendu de la figure de l’épouse aristocratique ( la gloire, l’honneur, le respect du nom et du rang social) cf Julie ds La nouvelle Héloïse. Peu d’héroïnes qui dérogent, (Manon Lescaut, La religieuse, madame de Merteuil la libertine des Liaisons dangereuses, ms punies, rejetées, condamnées à la fin)

Figure féminine apparaît à travers les regards sociaux, dc principalement masculins puisque dominant la production littéraire et artistique ( exemples la muse romantique, l’allégorie de la liberté). Cf Nana, traitement réaliste de la figure féminine, comme Gervaise, et autres personnages des Rougon Macquart, soumis aux lois de l’hérédité et du milieu social.

Littérature contemporaine : femme tjrs liées aux thématiques amoureuse, sensuelles, maternelles. Emergence plus importante de voix d’écrivains-femmes : Carole Martinez, V. Ovaldé ….

 

3 – Héros mythique et /ou symbolique

Héros mythique : mythe = un dépassement du réel, idée d’exception, destin hors norme et svt dramatique : mythe napoléonien. Légende forgée par lui-même dès la campagne d’Italie : « Bonaparte au pont d’Arcole » = une commande au peintre. Amplifiée par l’art et la littérature ( deux axes, les « légende dorée » et « la légende noire »). Considéré comme un modèle de réussite sociale fulgurante, amplifiée par la gloire militaire, séries de victoires peu communes. Cf Balzac « Ce qu’il a commencé par l’épée, je le finirai par la plume ».

S’inscrit aussi dans la désillusion romantique, «  génération perdue », cf Lamartine « le dieu d’une génération qui s’ennuie », société de la Restauration + révolution confisquée de 1948 = haine de la jeunesse pour la société dominée par l’argent et la « vieillesse » en place, aristocratique ou bourgeoise, conservatrice et anti républicaine (« libérale »). L’image de Bonaparte (+ que Napoléon) = dynamisme, jeunesse, d’où le mythe nostalgique … cf La Chartreuse de Parme.

Héros symboliques : représentation d’une idée abstraite cf Gavroche, la liberté défendue par un enfant qui se sacrifie pour les autres.

 

4 – La volonté réaliste = représenter le monde contemporain ( Restauration pour Balzac, Second Empire pour Zola) et ses différentes strates, composantes, variétés sociales, de manière vraisemblable, pour donner à lire sans idéalisation ce qui est. Histoires pouvant être vécues, situées dans la petite et moyenne bourgeoisie, ou milieu pop, personnages aux aspects et sentiments vraisemblables. Dimension critique. Deux projets à retenir « La comédie humaine » Balzac et « Les Rougon Macquart » Zola. (naturalisme)

 « Un roman, c’est un miroir qu’on promène le long d’un chemin » Stendhal

Limites : le réalisme est une reconstruction du réel. « Le réaliste, s’il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même. » Maupassant, préface de Pierre et Jean

Une construction narrative calquée sur le réel mais au service d’une démonstration (Nana), des personnages « vraisemblables » ms typologie réductrice., un cadre social limité, ne intrigue dramatique, une écriture objective ».

 

 5 – Notion de « Anti héros »

Celui qui ne possède pas les qualités héroïques, un être ordinaire ds un monde ordinaire ( en littérature, proche du héros « absurde » au théâtre / héros négatif = au service du mal / héros malgré lui / héros déceptif = possède des qualités héroïques ms n’en fait pas l’usage attendu, ou se retrouve ds un cadre où ces qualités ne sont pas reconnues comme telles (en décalage)

Ancêtre : le roman picaresque. Origine = Dom Quichotte.

Ds le corpus :

Ø       Le colonel Chabert = un héros qui n’a plus sa place ds une société dominée par des valeurs qui ne sont plus les siennes.

Ø       Fabrice = face à la réalité de la guerre, se montre un héros inadapté à ses propres rêves, se révèle un autre héros, humain, et va remplacer sa volonté de gloire par une chasse au bonheur individuel ds une société prosaïque, bornée, hypocrite et matérialiste.

Ø       Bardamu : considéré comme le double de Céline : personnage incohérent : s’engage ds l’armée alors que ds le dialogue tient des propos proches de l’anarchisme (refus de la notion de race française) et du pacifisme. Cf critique sociale et idéologique ds la métaphore filée de la galère : « les maitres qui s’en font pas » vs »on est en bas ds les calles » + « Vive la patrie n° 1 ! » : image d’un peuple manipulé, de la chair à canon. + anticléricalisme «  un dieu désespéré, sensuel et grognon comme un cochon ». Dénonciation véhémente de l’ordre bourgeois établi. Mais personnage peu fiable puisque contradictoire : s’engage sur un coup de tête. Registre de l’absurde et du burlesque, engagement = une farce qui va mal tournée, défilé militaire = une caricature, une satire de la propagande.
 

13.10.2011

Fiche de fin de séquence

A méditer pour le DS de lundi ...

Séquence I : des héros « héroïques » ?

 

Objet d’étude : le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours.

Perspectives : définition de la notion de héros, l’évolution de cette notion à travers les différents mouvements littéraires.

Perspectives secondaires : les genres et les registres, les caractéristiques de la narration (narrateur et points de vue)

Problématique : que met en jeu la fiction en construisant des personnages romanesques ?

 

LA

1) La princesse de Clèves Madame de Lafayette : portrait de mademoiselle de Chartres

2) La mort de Gavroche, Les Misérables Victor Hugo

3) Excipit du Père Goriot Balzac

4) Portrait de Nana, Nana Zola

 

Textes complémentaires : autour de la notion d’héroïsme

Un héros en diamant, Roland furieux L’Arioste

La mort de Julie La nouvelle Héloïse Rousseau

Le portrait du colonel Chabert Le colonel Chabert Balzac

Fabrice à Waterloo La chartreuse de Parme Stendhal

Les séparés La peste Camus

Incipit Voyage au bout de la nuit Céline

 

Activités complémentaires :

Lecture d’images :film « La princesse de Montpensier » Tavernier

Etude de l’image : le mythe napoléonien «  Bonaparte au pont d’Arcole » Gros 1796, « Les pestiférés de Jaffa » Gros 1804.

Les registres : l’épique : « Chevalier terrassant le dragon », anonyme XIIIème siècle, « Le serment des Horaces » David 1748,  le réalisme « L’enterrement à Ornans » Courbet 1850.

Dimension symbolique et allégorique : « La liberté guidant le peuple » Delacroix 1830.

 

Lecture cursive : La mort du roi Tsongor Laurent Gaudé : le roman contemporain à l’épreuve de l’épique merveilleux

 

 

12.10.2011

Proposition pour une ouverture de conclusion pour la LA "Portrait de Nana"

art_manetB.jpg"Nana" Manet 1878

Deux propositions de plan pour la LA "portrait de Nana"

Séquence I : des héros « héroïques » ?

 

Objet d’étude : le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours.

Perspectives : définition de la notion de héros, l’évolution de cette notion à travers les différents mouvements littéraires.

Perspectives secondaires : les genres et les registres, les caractéristiques de la narration (narrateur et points de vue)

Problématique : que met en jeu la fiction en construisant des personnages romanesques ?

 

LA (4) : « le portrait de Nana » L’assommoir Zola 1877

 

I Un portrait réaliste

1) précision de la description physique

·         Corps : choix des éléments signifiants

·         Vêtements : choix des éléments, cohérence d’une apparence.

2) parti pris d'imiter le réel sans l'idéaliser

·         actions ordinaires, une héroïne sans actions héroïques

·         éléments de jugement négatif et registre familier du narrateur et des personnages

3)  portrait en action et en situation

·         aspect narratif : mini-scènes

·         portrait ancré dans un cadre réaliste (lieux, autres personnages) : toponymes, arrière plan qui renvoie à un milieu social pop.

 

II Les traits de la personnalité de Nana évoqués tracent un destin prévisible

1) sensualité

·         corps plantureux, qui « prend de la place », animalité

·         sensations qu'elle éprouve et suscite : le désir des hommes, obscénité et vulgarité.

2) coquetterie

·         désir de se montrer : le goût du spectacle

·         efforts pour se vêtir : se sortir d’une condition ?

3) bêtise

·         comparaison avec des animaux : « le veau » + « la poule »

·         actions stupides : « tirer la langue » + « se fourrer des boules de papiers dans son corsage »

 

Une autre proposition de plan en trois parties : même problématique

 

I Nana : une femme que l'on regarde

1) le regard de peintre de Zola

registre soutenu et poétique, la mise en évidence de la beauté de Nana

multiplication des points de vue rayonnement de regards autour de Nana

2)  tous les regards convergent vers Nana : discours indirect libre, regard des proches, des voisins transforment ce portrait en un échange de points de vue que tiendraient ceux qui connaissent Nana. Elle devient même un objet de rumeur.

3) oralisation de la description qui met en évidence la féminité naissante et exubérante et les réactions qu'elle provoque : convoitise, réprimandes.

 

II Ambivalence du personnage

1) un être mi-femme, mi-enfant

métamorphose d'une fillette en femme, ambiguïté de ce moment où la frontière est indécise; cf. champ lexical de l'enfance et les diminutifs : il y a de l'ingénuité et de la provocation féminine chez Nana.

2) sensualité animale – pureté angélique

champ lexical blancheur, lumière, fraîcheur, connotations innocence et fraîcheur.

Mais aussi comparaisons et métaphores animales : nana est une jeune femme « friande » et  qui donne envie de la manger + sensualité des matières Nana met en éveil les sens de qui la regarde. Exubérance de cette sensualité cf. lexique, constructions syntaxiques, énumérations

3) la crasse sous l'artifice

artifice douteux de cette coquetterie féminine qui privilégie l'apparence (cf. souffrances, ne se lave pas régulièrement) + énonce la vérité crue de la situation matérielle de Nana.

 

III Un portrait naturaliste qui trace une destinée

1) le destin de Nana semble tracé dans ce portrait : « Nana grandissait. Devenait garce » : symétrie de la construction

2) Nana réduite à sa seule apparence : aucune focalisation interne, aucune parole de Nana qui est simplement décrite pour ce qu'elle montre.

3) un environnement totalement dépourvu de tendresse : misère morale et matérielle où la séduction devient le seul moyen de dominer un monde qui cherche à vous engloutir

 

Travail par groupes :

Choisir un des plans proposés  et le développer pour construire une LA complète.

Rédiger l’introduction et la conclusion

 

Evaluation : un travail relevé par groupe et corrigé (non noté)

Texte pour la LA "le portrait de Nana"

Séquence I : des héros « héroïques » ?

 

Objet d’étude : le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours.

Perspectives : définition de la notion de héros, l’évolution de cette notion à travers les différents mouvements littéraires.

Perspectives secondaires : les genres et les registres, les caractéristiques de la narration (narrateur et points de vue)

Problématique : que met en jeu la fiction en construisant des personnages romanesques ?

 

Lecture analytique (4) : « le portrait de Nana »

                                                                                                          E. Zola, L’assommoir (1877)

 

Nana  grandissait, devenait garce. A quinze ans elle avait poussé comme un veau, très blanche de chair, très grasse, si dodue même qu'on aurait dit une pelote. Oui, c'était ça, quinze ans, toutes ses dents et pas de corset. Une vraie frimousse de margot, trempée dans du lait, une peau veloutée de pêche, un nez drôle, un bec rosé, des quinquets ([1]) luisants auxquels les hommes avaient envie d'allu­mer leur pipe. Son tas de cheveux blonds, couleur d'avoine fraîche, semblait lui avoir jeté de la poudre d'or sur les tempes, des taches de rousseur, qui lui mettaient là une couronne de soleil. Ah! une jolie pépée, comme disaient les Lorilleux, une morveuse qu'on aurait encore dû moucher et dont les grosses épaules avaient les ron­deurs pleines, l'odeur mûre d'une femme faite.

Maintenant, Nana ne fourrait plus des boules de papier dans son corsage. Des nichons lui étaient venus, une paire de nichons de satin blanc tout neufs. Et ça ne l'embarrassait guère, elle aurait voulu en avoir plein les bras, elle rêvait des tétais de nounou, tant la jeunesse est gour­mande et inconsidérée. Ce qui la rendait surtout friande, c'était une vilaine habitude qu'elle avait prise de sortir un petit bout de sa langue entre ses quenottes blanches. Sans doute, en se regardant dans les glaces, elle s'était trouvée gentille ainsi. Alors tout le long de la journée, pour faire la belle, elle tirait la langue.

« Cache  donc  ta  menteuse!   »  lui criait  sa  mère.

Et il fallait souvent que Coupeau s'en mêlât, tapant du poing, gueulant avec des jurons :

« Veux-tu bien rentrer ton chiffon rouge! »         

Nana se montrait très coquette. Elle ne se lavait pas toujours les pieds, mais elle prenait ses bottines si étroites qu'elle souffrait le martyre dans la prison de Saint-Crepin ; et si on l'interrogeait, en la voyant devenir violette, elle répondait  qu'elle avait des coliques,  pour ne pas confesser sa coquetterie. Quand le pain manquait à là maison, il lui était difficile de se pomponner. Alors, elle faisait des miracles, elle rapportait des rubans de l’atelier,  elle s'arrangeait des toilettes, des robes sales, couvertes de nœuds et de bouffettes. L'été était la saison de ses triomphes. Avec une robe de percale de six francs, elle passait tous ses dimanches, elle emplissait le quartier de la Goutte d'Or de sa beauté blonde. - Oui, on la connaissait des boulevards extérieurs aux fortifications, et de la chaussée de Clignancourt à la grande rue de la  Chapelle.  On l'appelait « la petite poule », parce qu'elle avait vraiment la chair tendre et l'air frais d'une poulette.        

 



[1] Quinquet : lampe (populaire : 1808 : œil)

03.10.2011

Texte pour la LA "l'excipit du Père Goriot" Balzac

Séquence I : des héros « héroïques » ?

 

Objet d’étude : le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours.

Perspectives : définition de la notion de héros, l’évolution de cette notion à travers les différents mouvements littéraires.

Perspectives secondaires : les genres et les registres, les caractéristiques de la narration (narrateur et points de vue)

Problématique : que met en jeu la fiction en construisant des personnages romanesques ?

 

Lecture analytique (3) : « l’enterrement du père Goriot » Balzac Le père Goriot 1835

 

Les deux prêtres, l'enfant de choeur et le bedeau vinrent et donnèrent tout ce qu'on peut avoir pour soixante-dix francs dans une époque où la religion n'est pas assez riche pour prier gratis. Les gens du clergé chantèrent un psaume, le Libera, le De profundis. Le service dura vingt minutes. Il n'y avait qu'une seule voiture de deuil pour un prêtre et un enfant de choeur, qui consentirent à recevoir avec eux Eugène et Christophe.

- Il n'y a point de suite, dit le prêtre, nous pourrons aller vite, afin de ne pas nous attarder, il est cinq heures et demie.

Cependant, au moment où le corps fut placé dans le corbillard, deux voitures armoriées, mais vides, celle du comte de Restaud et celle du baron de Nucingen, se présentèrent et suivirent le convoi jusqu'au Père-Lachaise. A six heures, le corps du père Goriot fut descendu dans sa fosse, autour de laquelle étaient les gens de ses filles, qui disparurent avec le clergé aussitôt que fut dite la courte prière due au bonhomme pour l'argent de l'étudiant. Quand les deux fossoyeurs eurent jeté quelques pelletées de terre sur la bière pour la cacher, ils se relevèrent, et l'un d'eux, s'adressant à Rastignac, lui demanda leur pourboire. Eugène fouilla dans sa poche et n'y trouva rien, il fut forcé d'emprunter vingt sous à Christophe. Ce fait, si léger en lui-même, détermina chez Rastignac un accès d'horrible tristesse.

Le jour tombait, un humide crépuscule agaçait les nerfs, il regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme, cette larme arrachée par les saintes émotions d'un coeur pur, une de ces larmes qui, de la terre où elles tombent, rejaillissent jusque dans les cieux. Il se croisa les bras, contempla les nuages et, le voyant ainsi, Christophe le quitta. Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine, où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s'attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses :

- A nous deux maintenant !

Et pour premier acte de défi qu'il portait à la société, Rastignac alla dîner chez madame de Nucingen .

"Les pestiférés de Jaffa" Gros 1804

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"Bonaparte au pont d'Arcole" Gros 1796

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Delacroix "La liberté guidant le peuple" 1830

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Plan détaillé et conclusion pour la LA "La mort de Gavroche"

Lecture analytique (2) : « la mort de Gavroche »

                                                                                                    Hugo Les Misérables 1862

Problématique retenue pour l’étude du texte : Quelle dimension est donnée par le personnage de Gavroche au récit d’une scène historique ?

 

I Le récit d’une scène historique, mise en scène pour créer une tension dramatique propre à tenir le lecteur en haleine.

1) Une scène historique

·         Evocation de l’émeute du 5 juin 1832, révolte pop contre régime monarchique, + ou – spontanée, peu organisée, insurgés peu armés. Classe pop représentée par Gavroche, gamin des rues. Se donne pour mission d’aider ses amis de la barricade en ramassant les cartouches non utilisées sur les cadavres. Action motivée par le contexte de l’action historique. + contexte spatial évoqué = combat de rue « barricade », « borne », « pavé ».

·         Forces en présence : C.L. de l’armée : « giberne, cartouchière, poire à poudre, cartouche, caporal, sergent, gardes nationaux, soldats, la banlieue » contre « les insurgés ». Mais une vision non objective : le narrateur est du côté des Républicains, de Gavroche cf titre du roman « Les Misérables » : un de ses représentants + « la barricade » = métonymie qui soude les insurgés en un groupe solidaire, solide,vs gardes nationaux « riaient en l’ajustant » : absence de pitié, pourtant Gavroche = un gamin inoffensif et attendrissant. + rôle de la chanson, inspirée d’une chanson pop avec allusion aux philosophes « Voltaire et Rousseau » = allusion aux idéaux de la révolution de 1789 + parodie des plaintes monarchistes qui accusaient ces philosphes des malheurs et atrocités de cette même révolution. + dépeint aussi la condition de Gavroche « Misère est mon trousseau » et son caractère (sorte de mise en abime) : « Je suis petit oiseau », et s’inscrit dans son histoire cf dernière strophe.

2) Scène dramatisée car organisée comme une scène de théâtre dont Gavroche est le principal acteur.

·         Centre de la scène et objet de tous les regards : « Le spectacle » est supervisée par un narrateur omniscient = lecteur spectateur comme les insurgés dans le « on n’osait » + « le suivaient des yeux », les gardes nationaux «  on le visait » et « on eût dit », « on ne sait » : narrateur et ses commentaires sur le personnage.

·         Tonalité dramatique qui domine : progression du texte : balle par balle qui rapprochent du personnage « une troisième renversa son panier », mort inévitable « épouvantable », ms attitude inconsciente et provocatrice de Gavroche s’oppose au danger réel : « Il se dressa tout droit ». Danger rappelé par les émotions de la barricade : « on n’osait lui crier de revenir de peur d’appeler l’attention sur lui », « haletants d’anxiété ». Opposition héros antithèse «  la barricade tremblait, lui, il chantait » : insistance sur la différence par la forme emphatique (répétition du pronom personnel, objet et sujet). Face à la gravité des adultes, dramatisation crée par l’insouciance du gamin des rues cf les élts qui renvoient à une attitude infantile, légère et joyeuse : jeu de mots « une poire à poudre » / une poire « pour la soif » + « humour « Voilà qu’on me tue mes morts » + CL « taquinait, des pieds de nez, jeu de cache cache, une pichenette » … attitude bravache « il se dressa tout droit, debout, les cheveux au vent, les mains sur les hanches, l’œil fixé sur les gardes nationaux qui tiraient » : sorte de figure de proue, capitaine, cf métonymie « l’œil » pour le regard, seul contre tous + amplification de l’image par le rythme croissant : 2 / 5 / 5 / 13

3) Dramatisation de la scène par la construction d’un suspens, mort inévitable mais le récit en est à la fois annoncé et ralenti.

(Pour susciter l’attente, faire naître et croître chez le lecteur l’impatience de voir se produire le dénouement de la scène de suspense, le premier moyen est de ralentir la narration pour retarder le dénouement. Pour ralentir la narration, plusieurs procédés sont possibles : le narrateur, entre deux actions de premier plan fait une pause descriptive, ou inter­vient dans le récit pour porter un jugement, apporter un commentaire, donner une expli­cation concernant l’action ou les personnages. Il peut encore  revenir en arrière (analepse) ou de se projeter dans le futur de l’histoire qu’il raconte (prolepse))

·         Première partie du texte : actions de Gavroche, avec certaines pauses : les couplets + précisions = énumération des actions au PS, son attitude, cf aussi troisième balle qui se rapproche, danger imminent ms rythme tranquille des actions, précises = sang-froid « il ramassa son panier, y remit, sans en perdre une seule, les cartouches qui en étaient tombées » : sorte de « zoom ». Quatrième et cinquième balle ne semblent pas le toucher, pas de nécessité fictionelle.

·         Puis, paragraphe résumé à l’imparfait itératif, grandit l’action du personnage et retarde la fin. Action centrale  « Il répondait à chaque décharge par un couplet » = ce qui était détaillé avant. Ralentissement de l’action pour créer le suspens, retarder la mort et augmenter émotion du lecteur, son empathie avec le personnage. Imparfait de répétition : comme si l’action se répétait sans cesse, ne se terminait pas. «  On le visait sans cesse, on le manquait toujours » : alexandrin au rythme binaire + parallélisme syntaxique, antithèse entre les deux verbes, ms éternité dite dans les deux adverbes temporels. Immobilité du temps, comme suspendu autour des quelques gestes du personnage « Les insurgés le suivaient des yeux », seul gavroche bouge. Pourtant, mort annoncée « Cela continua quelque temps ».Suspens créé aussi dans ce paragraphe par les commentaires du narrateur, nombreuses comparaisons et métaphores.

·         Mort en deux temps = même effet « ralenti » : « Une balle pourtant », « chanceler puis s’affaissa » : deux verbes / commentaire du narrateur « il y avait de l’Antée ... » qui pourrait laisser croire que le gamin peut encore être sauvé, car conjonction « mais » / chanson / « Une seconde balle » = «  s’abattit (…), et ne remua plus ».

 

II La construction de la figure héroïque : du gamin des rues au grandissement épique et symbolique.

 1) Un héros admirable par son agilité enfantine et son courage, provocateur.

·         Agilité, ne tient pas compte du danger, est capable de tous les possibles : «  Il rampait, galopait : changement immédiat de posture et de vitesse + « à plat ventre, à quatre pattes » + succession de verbes d’action «  se tordait, glissait, ondulait, serpentait » = rythme rapide et amplification par les deux dernières propositions coordonnées « serpentait d’un mort à l’autre et vidait la giberne ou la cartouchière » image du reptile qui se faufile partout + la comparaison «  comme un singe ouvre une noix » = facilité, jeu. Reprise même procédé dans paragraphe itératif «  Il se couchait, puis se redressait », « disparaissait, reparaissait» : accumulation de verbes d’actions caractère incessant de son activité, de ses mvts, accumulation de propositions brèves et juxtaposées, répétition des terminaisons à l’imparfait = vitesse de la phrase // vitesse du personnage, intouchable car tjrs en action.

·         Agilité d’un enfant qui s’amuse cf « ripostait à la mitraille par des pieds de nez » mais d’une inconsciente, d’une innocence, mise en valeur de son sang froid et courage, sait ce qu’il fait, accomplit soigneusement sa mission face au danger, souligné par la deuxième partie de la phrase, « cependant » : connecteur qui souligne sa détermination dev par les trois propositions juxtaposées, et parallélisme syntaxique « pillait les cartouches, vidait les gibernes, remplissait son panier » : une proposition pour chaque geste = calme + rythme croissant des propositions : 4 / 5 / 5 / 7 : le travail est héroîque et méthodique + antithèse des verbes «  vidait, remplissait » : mouvement efficace, rapide.

 

2) Un héros épique

·         Le gamin des rues devient un être merveilleux, transformation en figure légendaire, appartenant au monde du surnaturel. « C’était le moineau becquetant les chasseurs » métaphore Gavroche = moineau ( cf « Je suis un oiseau »), oiseau des villes, quotidien, ordinaire, banal auquel on ne prête pas attention, sans importance // Gavroche = « oiseau des rues » Ms inversion ici = proie qui attaque les chasseurs. Faiblesse de l’attaque, victoire illusoire, mais qd même anormalité « magique » cf «  charmant » au sens de charme magique, envoûtant. + gradation soutenue par rythme ternaire «  ce n’était pas un enfant, ce n’était pas un homme, c’était un étrange gamin fée » : créature fantastique, n’a plus d’âge, n’a plus de sexe, identité autre + « enfant feu follet » : univers du conte merveilleux, légereté, apparition, disparition, mystère, apparition féerique. + oxymore « nain invulnérable de la mêlée » comme dans les romans de chevalerie (allusion à Daid et Goliath ?) + personnification «  les balles couraient après lui » : course poursuite, protection magique, force surnaturelle qui le protège. + apparition du personnage de la mort ds métaphore « face camarde du spectre », Gavroche l’affronte et la renvoie avec un geste d’enfant « pichenette »

·         Dimension mythologique. Antée = fils de Gaïa = la Mère-Terre. Héros invincible car reprenait des forces quand touchait la terre. Gavroche comparé à ce géant + « pygmée » = antithèse petitesse/grandeur, mais connotation guerrières et légendaires, mystère d’autres civilisations primitives + lien avec la magie le pavé de Paris = la terre d’où Gavroche tire sa force et se régénère. + Apothéose finale : oxymore « petite grande âme » dimension spirituelle et atteint l’éternité cf les dieux qui transformaient les mortels qu’ils aiment en en étoiles ou constellations ( ex Petite Ourse = Callisto). Apothéose religion, ms élection d’un être exceptionnel. Oxymore souligne encore l’exception car « petit » // chanson un être ordinaire, une mort euphémisée « Je suis tombé par terre »/ « Le nez dans le ruisseau ».

3) Un héros symbolique

·         Symbole d’une classe sociale opprimée par le pouvoir, les miséreux, les laissés pour compte, ceux qu’on ne voit pas « moineau », ceux qui n’ont pas la parole cf chanson. Allitération « Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade », adjectif apposé connote une excécution, enfant qui se sacrifie à une cause «  Toute la barricade poussa un cri » : mort qui bouleverse, mais aussi qui unit contre elle. + « une balle pourtant » et personnification « plus traître que les autres » = injustice de cette mort = injustice du pouvoir qui tue. La trahison est du côté du pouvoir.  + pathétique de l’image finale « un long filet de sang rayait son visage », « il éleva les deux mains en l’air » : provocation jusque dans la mort symbole de la lutte désespérée contre l’oppression, de la résistance. + Force du peuple opprimé « il s’abattit », chute brutale et violente comme un arbre, peuple qui ne peut encore prendre sa place ms meurt vainqueur, en quelque sorte.

·         Héros porte-parole d’une lutte révolutionnaire, d’une prise de position politique cf V. Hugo en exil pendant l’écriture du roman en opposition avec le régime de Napoléon III. Chute du personnage ms sublimée par les euphémismes «  ne remua plus », venait de s’envoler » ange pureté // violence du pouvoir qui le fait taire : ne finit pas sa chanson. Dimension littéraire du personnage : un de ces Misérables, représentant d’une volonté littéraire (et idéologique) de dresser un tableau leur rendant justice. Par antonomase ; postérité de Gavroche, est devenu un nom commun désignant les gamins de paris, chapardeurs, débrouillards, touchants, gouailleurs, vivant de rien, mais joyeux et débordants d’énergie moqueuse.

 

On peut conclure de cette analyse de l’extrait « La mort de Gavroche » que le souci réaliste apparaît finalement comme secondaire, il s’agit moins de rendre compte, objectivement, de la révolte de 1832 que de faire de celle-ci un exemple caractéristique de toutes les répressions sanglantes qui ont jalonné le XIX ème siècle. En s’attardant sur un personnage, soit, représentatif d’une classe sociale réelle, mais auquel il est donné une dimension morale, la reconstitution d’une scène historique sert de support à l’émergence d’une figure héroïque, à la fois épique et dramatique. Il s’agit d’émouvoir le lecteur mais aussi de lui faire prendre conscience de l’oppression du pouvoir envers le peuple des « Misérables »,de la beauté grandiose de la résistance, de l’injustice faite à l’innocence et à l’espoir d’un renouveau.

Ouverture : « La liberté guidant le peuple » Delacroix .