12.01.2012
Histoire des arts
A mettres en rapport avec la laideur, la beauté, le bon héros, le mauvais ... etc ....
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10.01.2012
Lecture Cursive La curée Zola (notes en lien avec l'écriture d'invention)
Séquence II : étude d’une œuvre intégrale Le rapport de Brodeck P. Claudel 2008
Objets d’étude croisés : le personnage de roman, du XVII ème siècle à nos jours / la question de l’homme dans les genres de l’argumentation du XVII ème siècle à nos jours
Perspectives d'étude : les genres et les registres, l'argumentation et ses effets sur les destinataires, l'histoire littéraire
Pbtique : Comment l'écriture romanesque permet-elle de mettre en scène l'ambivalence de l'être humain ?
Lecture cursive : La curée de Zola
Deuxième roman du cycle de Rougon Macquart, nelle « Comédie humaine », élaborée par Zola comme « Une histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second empire ».
Aristide Rougon quitte Plassans pour faire fortune à Paris. Va amasser une fortune énorme en achetant à bas prix les immeubles destinés à la démolition. Complicité du pouvoir, son frère Eugène est ministre. Devient Saccard, change de nom pour faire oublier ses erreurs passées (d’abord républicain). Second mariage avec Renée Berthaud du Chatel, fille de vieille bourgeoise traditionnelle. Mariage d’intérêt : lui consolide sa fortune et elle légitime sa grossesse, sauve la respectabilité de sa famille. Premier fils = Maxime. Roman commence par une scène au bois de Boulogne qui met en place les personnages et le milieu social qui va être évoqué jusque repas chez Saccard : mise en place de la jalousie de Renée et première tentation vers le crime de l’inceste (première scène ds la serre). Retour arrière de plusieurs chapitres et retour ds la serre où Renée observe Maxime et Louise. Reprise du récit où alterne les scènes de genre et les scènes d’amour puis chute rapide de Renée après l’annonce du mariage de Maxime. Structure circulaire = dernière scène au bois de Boulogne même défilé des voitures ms solitude de Renée + Saccard et Maxime complices, passage triomphal de Napoléon III. // Apogée du vice et de l’immoralité.
Mise en œuvre des principes naturalistes de Zola : un milieu social, des personnages engendrés par ce milieu et leur rapport héréditaire, mené par leurs pulsions données, déterminisme des passions.
Titre métaphorique : curée = moment ds une chasse à courre où les chiens de chasse dévorent les entrailles de la bête tuée. Connote la violence. Les profiteurs vont dépecer Paris. Tableau des appétits financiers lâchés après le coup d’état de Napoléon III : « Aristide Rougon s’abattit sur Paris, au lendemain du 2 décembre, avec le flair des oiseaux de proie qui sentent de loin les champs de bataille »
Gibier = Paris comme une victime de la spéculation permise par les travaux du préfet Haussmann (préfet de la Seine à partir de 1853) sur ordre de Napoléon III, démolition et reconstruction de certains quartiers parisiens : plan architectural, financier et politique : « Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie ». Plusieurs objectifs : faire de Paris une ville prestigieuse, à l’image de Londres, une ville moderne et saine (les petites rues favorisent les épidémies, la saleté …), élaboration de grands parcs, lieux de promenades notamment pour la grande bourgeoisie qui va s’y monter , ms aussi les grands boulevards, larges, laissent moins de possibilité de construction de barricades en cas de révoltes populaires, permettent aux troupes de se déplacer et laissent passer les canons + l’augmentation des loyers permet d’éloigner les classes populaires des lieux de pouvoir = les Tuileries, à l’épq, palais de Napoléon III. Une toile de fond très contemporaine (publication du roman 1871) et une critique virulente de la société du second empire.
Selon Zola, « La curée est la note de l’or et de la chair » : moment où les appétits de jouissance se déchaînent = dépeçage de Paris, promoteurs comme des oiseaux de proie affamés // plaisirs de la chair, monde des courtisanes, demi-mondaines, entremetteuses, luxe vicieux, manège emballé (bals, réceptions).
Dimension critique
Ø La spéculation permise et finançant largement les travaux d’ Haussmann
Ø Galerie de portraits du monde politique (premier dîner chez Saccard, bal aux Tuileries, réception finale) montrent les « piliers de l’Empire », les hommes d’affaire, les femme du monde comme des êtres menés par l’appât du gain, absence de moralité (cf les félicitations de ses pairs qd Saccard passe pour le nel amant de Laure). Comédie sociale, dénonciation du règne impérial = ts des profiteurs ou des dépravés. Fonctionnement financier pervers // perversité des mœurs et corruption généralisée. Mise en évidence de la collusion des intérêts financiers individuels et des intérêts politiques, aussi individuels. L’argent, l’enrichissement prime sur les convictions politiques, ont disparu. Perte des idéaux et des valeurs républicaines. Critique morale et aussi intellectuelle.
Ø Critique intellectuelle : la société impériale n’a de goût que pour la fête, le divertissement de mauvais goût, grossier, vulgaire cf la dernière réception chez Saccard, les tableaux des amours de la nymphe Echo et Narcisse = allusion aux opérettes d’Offenbach (créateur de l’opéra bouffe, figure emblématique de la fête impériale. Monde de la mythologie revu par celui de l’argent et de la bêtise, prétexte à l’étalage de la nudité : « Sous le rayon électrique (…) les dentelles, les gazes, toutes ces étoffes légères et transparentes se fondaient si bien avec les épaules et les maillots, que ces blancheurs rosées vivaient, et qu’on ne savait plus si ces dames n’avaient pas poussé la vérité plastique jusqu’à se mettre toutes nues ». Spectacle qui a un effet sensuel sur le public, pas intellectuel « C’était un chuchotement d’alcôve, un demi-silence de bonne compagnie, un souhait de volupté à peine formulé par un frémissement des lèvres ; et, dans les regards muets, se rencontrant au milieu de ce ravissement de bon ton, il y avait la hardiesse brutale d’amours offertes et acceptées d’un coup d’œil » + « On jugeait sans fin les perfections de ces dames. Leurs costumes prenaient une importance presque aussi grande que leurs épaules » ; pas d’intérêt artistique, + deuxième tableau grotte de Plutus = tas d’or et les fées ou nymphes = « Or », « Argent » « Saphir » « Turquoise » cf reflet du goût grossier de ce public : « La hardiesse des pièces de vingt francs, ce ruissellement de coffre-fort moderne tombé dans un coin de la mythologie grecque, enchanta l’imagination des dames et des financiers ».
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Pour donner une idée de l'ambiance (2)
Extrait de la même oeuvre ...
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Si vous en avez le courage .... (2)
Extrait de "La belle Hélène" Offenbach
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Si vous en avez le courage ....
Extrait de "La belle Hélène" Offenbach
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07.12.2011
Fiche de fin de séquence séquence II
Séquence II : le roman - la question de l’homme
Séquence II : étude d’une œuvre intégrale Le rapport de Brodeck P. Claudel 2008
Objets d’étude croisés : le personnage de roman, du XVII ème siècle à nos jours / la question de l’homme dans les genres de l’argumentation du XVII ème siècle à nos jours
Perspectives d'étude : les genres et les registres, l'argumentation et ses effets sur les destinataires, l'histoire littéraire
Problématique : Comment l'écriture romanesque permet-elle de mettre en scène l'ambivalence de l'être humain ?
LA
LA (5) : incipit du roman, chapitre I p
LA (6) : l'arrivée au camp, chapitre IX, p. 79, 80, de « Au bout du chemin... » jusqu'à « ...son regard. »
LA (7) : le vol de la bombonne
Textes complémentaires : fables et apologues
« Le loup et le chien » La Fontaine
« Les grenouilles qui demandent un roi » La Fontaine
« Le chat bourgeois » Anouilh
Questions d’ensemble
Humanité et animalité : la fable et l'apologue
L’histoire réelle dans le roman.
L'ambiguité de l'âme humaine : les hommes "noirs" et "gris", les "âmes blanches".
Activités complémentaires : interview (extraits) de P. Claudel
Etude d’images : ( reste à compléter)
Lecture cursive : La curée de Zola
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01.12.2011
Devoir : sujet d'invention, évaluation de la lecture cursive La curée de Zola
Sujet d’invention : argumenter
Il s’agit de produire un texte argumentatif en respectant des consignes précises et en liaison avec un ou plusieurs textes du corpus.
I Analyser le sujet
Ø Identifier la forme argumentative demandée et les contraintes qu’elle impose :
Les formes argumentatives sont très variées, il est possible qu’il vous soit demandé de rédiger :
· Un article de journal ou de revue, un éditorial, une lettre ouverte, un courrier du lecteur
· Une préface
· Un discours, un plaidoyer ou un réquisitoire
· Un dialogue argumentatif
· Un monologue délibératif théâtral ou narratif.
· Une fable
Ø Dégager une thèse à défendre, réfuter, nuancer ou critiquer
Ø Etablir la situation de communication à mettre en place selon la production demandée
II Exploiter le corpus et ses connaissances personnelles
Ø Si la consigne est liée à un texte du corpus en particulier, observer ses principales caractéristiques : identifier la forme, le registre, la situation d’énonciation …
Ø Repérez dans les textes du corpus : des arguments à reformuler, des exemples ….
Ø Cherchez des exemples et des arguments dans vos connaissances personnelles
III Structurer son texte
Mettre en place une structure argumentative : thèse, arguments, exemples. Faire attention à construire une progression logique entre les arguments et la mettre en valeur avec des connecteurs logiques.
IV Rédiger et se relire
Ø Respecter les contraintes d’écriture et de présentation liées à la forme d’argumentative demandée. Ex : un article de journal, un courrier du lecteur ne se présentent pas de la même façon.
Ø Utiliser des procédés oratoires et des registres en lien avec la forme demandée ex : le registre polémique pour un réquisitoire …
Sujet d’invention (2) : évaluation de la lecture cursive de la séquence II La curée de Zola (DM)
Vous rédigerez une préface pour une nouvelle édition de ce roman, plus particulièrement destinée à un publique de lycéens aimant peu la lecture. Votre texte présentera donc l’intérêt général que peut avoir la lecture de ce roman mais pourra intégrer des éléments plus critiques.
20:29 Publié dans séquence II L2 Le rapport de Brodeck P. Claudel (O | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.11.2011
pour la question de synthèse : l'ambivalence de l'âme humaine (3)
Personnage de Brodeck
Vie de Brodeck avant le rapport
Enfant adopté par Fédorine : « quatre ans », orphelin « J’étais seul », maison et village détruit : « C’était le début d’une autre guerre », « les granges ouvertes aux quatre vents et les murs éboulés » + « pantins couchés les bras en croix ou le corps en boule » (p 29).
Arrive au village avec Fédorine + cabane « Je m’y endormais en pensant aux écureils, aux blaireaux et aux grives. C’était un paradis » ( p 70). Enfance plutôt heureuse.
Description physique par Limmat (p 103) : « Tu ressemblait à un maigre chien, avec des yeux trop grands pour toi » : faiblesse et étrangeté, fragilité. Ms qualités intellectuelles reconnues « Tu as appris très vite, très vite, notre langue et le reste » + différence souilgnée ms comme un pouvoir, une curiosité hors norme « Tu n’étais pas comme les autres car tu regardais comme au-delà des choses … Tu voulais toujours voir ce qui n’existait pas. » (p 104) cf l’Anderer.
Peut-être juif, allusion à la circoncision ; « « je n’avais jamais prêté attention au petit bout de chair absent entre mes cuisses, et on ne me l’avais jamais reproché » ( 166). D’ailleurs enfant de chœur « J’agitais les clochettes. Je lui présentais l’eau et le vin » et satisfaction « Il n’y avait aucune faille dans mon bonheur béat »
Sur une idée de Limmat, envoyé à la capitale pour faire des études ( p 207), idée soutenue par le curé + le maire de l’époque : « Tous les trois s’étaient dit que le village avait besoin qu’au moins un de ses jeunes gens pousse un peu plus loin que les autres son instruction ». Soutien financier de tout le village, quête et nourriture : « Je recevais ainsi de drôle petits mandats et de drôles de paquets » ( p 202)
« Au début, la capitale m’avait fracassé la tête » ( p 208) Vision négative, bruits, mouvements et nostalgie de la nature « Je ne cessai de penser à notre village, à la combe envésinée dans laquelle il semblait se blottir comme dans un giron ». Appartient à un groupe d’étudiants pauvres « On nous repérait vite (…) Nous venions de loin », pas exclus, ms invisibles « Souvent, ils (les étudiants de le ville) passaient à côté de nous sans nous voir » (p 210). B. aime les études et les livres, rencontre Ulli Rätte, puis Emelia. P 76 : coup de foudre immédiat et réciproque.
Début des troubles et des rumeurs (p 214-215), reste observateur, en dehors. Reste dans la bibliothèque : livre sur la propagation de la peste cf assimilation juifs = rats, nuisible et profiteur, + illustration → mélange de références = Chagall ( ?) P227 – 228 : scène du meurtre du vieillard, en traversant le quartier du Kolesh ravagé. Afresseur qui s’en prend à B. « regardez son nez à cette crevure ! leur nez, c’est ça qui les trahit ! et leurs gros yeux (…) qui leur sortent de la tête, pour tout voir, pour tout prendre » : reprise des clichés du discours antisémite. Scène qui marque son impuissance, initiation à la violence : « C’était la première fois que j’assistais au meurtre d’un homme » (p 230). Sauvé par l’étudiant qui le connaissait ms début des menaces : « Il me regardait sans haine, mais avec une sorte de mépris » p 231. Prise de conscience du danger, décide de rentrer au village. Dépose une lettre d’adieu pour Ulli Rätte, s’aperçoit alors qu’il est passé du côté des agresseurs « Je crus mon ami blessé, mais ayant mis à nu son bras, je me rendis compte qu’il n’avait rien. Soudain, j’eus très froid ». Va chercher Emelia.
Au village, semble mener une vie paisible, se veut un homme comme les autres (p 238). Chargé de rédiger de brèves notices pour l’administration « sur l’état de la flore, des arbres ». Puis guerre, occupation, dénonciation et arrestation. Dans le wagon fait la connaissance de Kelmar (p 74), vol de la bonbonne d’eau, arrivée au camp, exécutions quotidiennes (le « du » p 79-80) et « manuel de survie ».
P 116 « homme merde », vidait les latrines (description non historique), idée que de l’horreur côtoie la beauté, ne la détruit pas, cruauté et noirceur de l’âme humaine ms beauté du monde inéliénable « je vidais les seaux » (dans la rivière) « Le courant bien vite diluait les immondices et ne restait plus que l’eau claire et le mouvement des algues, ainsi que les reflets du soleil » ( p 117) + « Il y a pire que l’odeur de la merde. Il y a quantité de choses qui ne sentent rien, mais qui carient les sens, le cœur et l’âme plus sûrement que tous les excréments » = la pire horreur n’est pas l’humiliation physique ms la déshumanisation. + déjà paria parmi les parias « Personne ne voulait être près de moi » = avantage « j’avais ainsi plus de place pour dormir » et peut manger des poissons ds la rivière cf inversion ds univers concentrationnaire : la pire des horreurs peut contenir aussi une chance de survie. Puis « chien Brodeck ». A accepté l’humiliation pour survivre et revenir auprès d’Emelia : « La plupart de ceux qui étaient avec moi refusèrent de faire le chien et et is moururent » p 30 + mis au plus bas de l’Enfer « Aucun des autres prisonniers ne m’adressait plus la parole depuis longtemps ». + autres élt svt mentionné ds les témoignages des survivants = la nature comme moment d’évasion, apparaissent comme des traces de la réalité de la beauté et les fait tenir : « le bruit de la grande rivière qui coulait son eau d’argent, toute proche » + évasion par le rêve « Moi, en réalité, j’étais loin de ce lieu ».
P 137 à 144 : la fin du camp, la mort de la Zeilenesseniss, le viel homme qui le soigne et demande son pardon, l’accueil gêné et silencieux des habitants du village, découverte de la folie d’Emelia et de la naissance de Poupchette. Reprise de sa place ds le village, ms se tient à l’écart, ne parle pas des camps, sauf à Fédorine, cauchemars constants et p 45 « J’ai mis tous les livres de poésie dans le poêle et je les ai brûlés » et remarque sur l’inutilité de la culture, du savoir, de la littérature contre la barbarie, n’a rien empêcher et « Peut-être avait-elle même précipité son agonie. »
Evolution du personnage pendant l’écriture du rapport :
Début du roman : personnage en position de faiblesse, soumis aux autres habitants et à sa peur, contraint à écrire un rapport « ils m’ont demandé de raconter, et quand ils m’ont demandé cela, la plupart avaient les poings fermés ». Cf incipit, affirmation de son innocence « Moi, je n’ai rien fait », « Mais les autres m’ont forcé », refus de toute responsabilité, dévalorisation, « C’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir » p 11.
Sorte de proie, menacée, en danger : « avec toute une battue à mes trousses et des chiens qui reniflent. Je me sens épié, traqué » p 14, tente de ne se faire voir de disparaître, ne pas être là : « J’ai appris à ne pas poser trop de questions. J’ai aussi appris à me parer de la couleur des murs et de la poussière des rues. Ce n’est guère difficile, je ne ressemble à rien. » p 16 = un anti héros.
Terrorisé par Orschwir et les autres srt Göbbler, son voisin, le surveille, l’espionne, le menace. P 32-33, interpellé alors qu’il sort de chez lui « Je savais bien que je n’avais rien fait de mal, et rien à me reprocher, mais j’ai tout de même bondi comme un cabri rappelé à l’ordre par la badine du chevrier ». Comparaison qui marque sa faiblesse, est dominé par la peur, est sous surveillance, soumis à l’autorité + assimilation à l’escargot écrasé p 34 par Göbbel : « un petit escargot à la coquille jaune et noire, au corps fin et délicatement dessiné, plein d’une grâce innocente. » … « la petite bêt qui a explosé comme une noix » Démonstration de ce pourrait lui arriver + avertissement explicite et répété « Fais attention à toi, B. … Fais attention ». Se rend chez le maire et demande à voir le corps. Maire l’avertit à son tour : « je me dois de te mettre en garde (…) Ne t’éloigne pas du chemin, de grâce, et ne cherche pas ce qui n’existe, ou ce qui n’existe plus » p 47. Personnage dominé, dépassé, écrasé par les autres, forcé de leur obéir et écrire ce que l’on veut de lui. = une version officielle de l’Ereignës, qui innocente les habitants du village et qui efface leur faute. Se réfugie chez la mère Pitz pour être consolé comme un enfant. Personnage perdu.
P 52 dit son ambivalence, veut être banal, ordinaire, ne le peut pas, voudrait fuir, oublier, ne le peut pas : « Ma tête parfois, je la sens sur le point d’exploser, comme une marmite qu’on aurait bourrée de poudre » Inadéquation, décalage, sort qui lui échappe, personnage sans maitrise de son histoire : « J’ai le sentiment que je ne suis pasfait pour ma vie (…) elle n’est pas taillée pour un homme comme moi, (…) elle se remplit de trop de choses » cf Claudel « un homme ordinaire (…) placé dans des conditions historiques qui ne sont pas des conditions habituelles, plus placé entre l’Histoire et l’amour ».
Chapitre X Göbbler s’introduit ds la resserre, B. se cache, terrorisé et menace « Je veille Brodeck … Attention à toi » p 86. Puis colère et comprend qu’il est en danger car il est le seul innocent, « et que, être innocent au milieu des coupables, c’était en somme la même chose que d’être coupable au milieu des innocents » (p 86-87) = ce qui condamne, c’est la différence, la singularité + comprend qu’il a été laissé volontairement à l’écart de l’Ereigniës : « de ce rendez-vous, j’avais été exclu. Pourquoi ? ». Va peu à peu admettre et construire son chemin propre puis aller vers sa liberté.
Ecrit le rapport mais écrit aussi sa vérité, en cachette = le livre que l’on lit.
Chapitre XVI , convoqué par le maire pour une lecture du début du rapport et lecture chapitre XVIII position inconfortable et faite pour le maintenir ds une posture inférieure, voire humiliante (est aux ordres de ceux qui l’écoutent) : « Je ne cessai de glisser de la chaise (…) bureau était tellement petit que j’ai eu peine à entrer mes jambes en dessous » + « c’est ce qu’ils voulaient me mettre mal à l’aise, dans cette salle immense avec une disposition digne d’un jugement » p 154. C’est l’innocent du crime qui est jugé, en vertu même de cette innocence. + rappel à l’ordre de Limmat « je le conjure de faire attention, je le conjure de rester dans le chemin tracé, de ne pas laissé son imagination gouverner ses pensées et ses phrases. » (p 157) Mais pour la première fois résiste à Göbbler en lui répondant à propos de la toque « Figure-toi que c’est la Vierge Marie qui me l’a cousue et le Saint-Esprit qui me l’a apportée ! »
Chapitre XVI aussi // entre lui et Aderer, met les vêtements qui lui étaient destinés (toque, gants pantoufles) : « Une drôle de chaleur vient en moi (…) » bien être et acceptation de l’autre : « il me semble que je m’approche de lui (…) qu’il va peut-être d’un geste ou d’un regard m’en apprendre un peu plus » (p 133)
P 159 attitude du chien Ohnmeist souligne ce changement : « essayait de fourrer son museau froid contre mon pantalon (…) s’il ne me prenais pas pour l’Aderer, les eul à qui il avait jadis accordé ses privautés » Or, ds le roman, chien = une figure de la liberté, n’a pas de maître, s’installe chez qui il veut, manifestations d’une volonté propre et sans entraves « qui allait dans nos rues et dans nos maisons comme si tout était son royaume » (p 374) + fin, départ de B. du village = chien le guide vers l’ailleurs p 374 « Il paraissait m’attendre, comme s’il voulait me montrer le chemin. »
XXXIX remise du rapport à Orschwir // fin de la soumission de B. « Orschwir et les autres avaient sufisammment joué avec moi. La souris avait appris à ne plus faire attention aux chats (…) et si ceux-ci manquaient d’amisement, ils n’avaient qu’à se griffer entre eux. Qu’ils ne comptent plus sur moi. » p 365
+ B. qui ordonne au maire de lire et maire qui obéit. Position confortable de B. « La chaise était confortable. Je me suis bien calé dedans ». Le rapport est brûlé ms « Tu as brûlé du papier, tu n’as pas brûlé ce que j’ai dans ma tête » p 369 et décision de partir p 370
Image d’Enée ( Enéide Virgile) : fils d’Anchise et d’Aphrodite, participe à la guerre de Troie (est blessé par Diodème !). S’enfuit de la ville en portant son père et son fils Ascagne. Fondateur de Rome.
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pour la question de synthèse : l'ambivalence de l'âme humaine (2)
Fedora ; la mère adoptive
A trouvé B. enfant devant sa maison détruite p 28 sorte de personnage de conte, Babayaga, grand-mère des légendes russes : « elle ressemblait déjà à une sorcière cabasse », « je ne sais pas si Fédora a connu la jeunesse ». Dimension imaginaire, fantastique : « Elle s’était échappée du ventre pourri de l’Europe ». Apparait avec sa charrette qui contient le nécessaire pour survivre + assimilée à deux personnages maléfiques des contes : marâtre de Blanche Neige = lui donne une pomme « d’un beau rouge luisant » + « comme si elle avait été un joueur de flûte ». Inverse ici = elle va sortir B. de l’enfer ( cf p 29 description du village détruit). Et devient la figure de la Mère Courage. Tire la charrette jusqu’au village. P 69 B. « comme un petit souverain blotti contre les bâlots » assurance sa substance et aussi son éducation p 7O « me nourrissait de pain, de pommes et de lard et aussi de mots (…) qu’elle glissait dans mon oreille et que je devais ressortir par ma bouche ». . Long voyage jusqu’au village : « Nous venions du bout du monde. Notre voyage avait duré des semaines, comme un rêve qui ne se terminait jamais » (p 69). Plutôt bien accueillis « C’était un temps où personne n’avait encore peur des étrangers, même s’ils étaient les plus pauvres des plus pauvres ». Ont vécu dans une cabane (p 70) « On nous a installé dans une cabane en nous faisant comprendre que nous pouvions y rester une nuit ou une année ».
A soigné Brodeck à son retour du camp : « Fédora s’est occupée de moi, comme lorsque j’étais petit, elle a retrouvé les gestes » (p 27). Elle aussi qui a retrouvé Emelia après le viol : « je l’ai bercée, et je l’ai bercée, je l’ai bercée longtemps » ( p 299) + même rôle auprès de Poupchette ( p 361) : veille l’enfant malade et envoie B. Chercher du beurre pour « faire des petits sablés (…) qu’elle trouverait au matin et tremperait dans son lait ».
Personnage lié au foyer, sorte de gardienne : « Elle quitte jamais la cuisine. C’est son grand royaume » + scène d’affection p 188-189 « Je sentais on odeur, je sentais son cœur battre. C’était comme si le mien battait en elle ». Description physique : « Elle ressemblait à une enfant » et légèreté qui amène B. à songer aux oiseaux « aux oiseaux si petits et perdus » : faiblesse = vieillesse, ce qui va disparaitre + ce qui doit être protégé. Odeur : « son odeur, une odeur de cire, de fourneau et de draps frais » = résumé des odeurs agréables d’un foyer simple et heureux : la lumières, la nourriture, le repos.
« Elle ne dort pas. Elle dit qu’elle a passé l’âge ». Figure tutélaire qui dépasse le temps et livre une vérité sur l’histoire par celle du tailleur Bilissi (p 17) « Fedorine était à son chevet à lui conter l’histoire de Bilissi le pauvre tailleur » = la même histoire racontée à B. « la voix de la vieille que j’avais moi-même entendue jadis, venant de la même bouche » Ms effacement progressif cf au moment du départ, ne répond pas à la question de B. qui lui demande son avis « sinon avec des mots coupés qui n’avaient pas de sens » ( p 370) + « la troisième, comme si elle n’était déjà plus là » = déjà morte ? fantôme ?
B. garde ses femmes à l’écart des drames qu’il vit sauf Fédora, se confie à elle (les camps, puis l’Ereignes), confidente silencieuse et attentive ms qd lui raconte l’arrivée de l’Anderer, réaction d’opposition ( p 187) « pas bon tout ça, pas bon » et explication « Quand le troupeau a fini par se calmer, il ne faut pas lui donner de raison de remuer de nouveau » : préssentiment, avertissement, connaissance du cycle de l’histoire + avertissement, mise en garde affectueuse : « fais attention à toi, tu est déjà revenu une fois d’ où on ne revient pas. Il n’y a jamis de deuxième chance, jamais ».
Emelia : femme de B.
B. l’a rencontrée à la capitale, lors de ses études. L’amour que lui porte Brodeck est intense dès le premier jour, p. 218 « Soudain je m’apercevais que la terre et ma vie pouvaient battre sur un autre rythme que le mien, et que le bruit doux et régulier qui s’échappe de la poitrine de l’être aimé est le plus beau son qu’on puisse entendre ». De ce personnage, on sait peu de choses : elle est belle d’après le narrateur qui la décrit toujours méliorativement : ainsi lors de leur première rencontre, il est charmé et la compare à « un petit oiseau,mésange fragile et vive » (c’est une comparaison qui revient p. 257 au moment de la fuite de la capitale « le tremblementd’un oiseau » et la désigne comme « l’ange aux yeux noisette » p.76 ; ailleurs, il évoque « ses si beaux cheveux » p. 159,« ses petites mains » p. 160, « un délicieux accent » p. 160, ses pommettes sont roses et ses yeux noisette p. 160.
Aussi un personnage marqué par un passé douloureux « derrière moi, il n’ y avait que du noir, rien que du noir » (p 218) // B. qui commente alors « un être venu des mêmes profondeurs que les miennes, un être, qui, comme moi, n’avait d’autre choix que de regarder devant elle ». Est brodeuse, travail délicat, raffiné ms fragilité et beauté : « des dentelles fragiles comme des fils de givre ». Suit B. quand il décide de quitter la capitale pour se réfugier au village : « on serait protégé de tout (…) dans ce décor de crêtes, de pâtures et de forêts qui composeront pour nous le plus sûr des remparts », et l’épouser.
Violée pendant que B. était ds le camp : a voulu protéger les trois « Femder » en leur proposant de « venir près du feu » et à insulté et giflé Göbbler, amené avec elles au village, alors que les « Dörfermesch » allaient partir : « Très vite, comme on fond sur une proie, elles furent toutes les quatre entourées, bousculées, palpées » : participation de certains habitants du village ( cf liste donnée au verso de la lettre de Diodème ms B. ne voudra pas les connaître). Retrouvée ds la grange par Fédora, pense qu’elle n’a pas voulu mourir par amour pour B.Ne parle plus, chante seulement la chanson de leur première rencontre, : « chanson de légende, chanson d’un soir et d’une vie (…) devenue effroyable refrain dans lequel Emélia s’était enfermée comme dans une prison et où elle vivait sans vraiment exister ». n’exprime aucun sentiment, est restée ds « le gouffre ». Insistance sur son regard vide et innexpressif : « Ses yeux semblaient être des papillons, des merveilles mobiles allant ça et là sans raison profonde, comme entrainés par le vent » (p 200).Celle qui est restée ds les Enfers = Eurydice e B. // à Orphée, tente de l’en faire sortir : « (p 298) « son âme errait quelque part (…) dans un lieu inconnu mais où je me suis juré d’aller pour l’y reprendre »// c’est l’amour pour Emelia qui a fait la survie de B. ds l’enfer du camp : « J’entendais sa voix me dire tous les mots d’amour qu’elle savait si bien chercher dans le noir de notre chambre. Pour cela, je suis revenu. » (p 31)
Quelques signes de retour à la vie : expression visible d’un sentiment « j’ai vu alors sur ses yeux comme le sourire d’une grande absente tandis que des larmes coulaient sur ses joues » ( p 205) et lors du départ du village, B. s’ arrête dvt le monument aux morts : « j’ai senti la main d’Emelia contre mon cou, qui essayait sans doute de me dire de partir » car le nom de B. est effacé ms encore visible + sur le chemin « Emelia seule avait les yeux grand ouverts » ( 373) Cpdt, cortège fantômatique, fin fantastique.
Poupchette : la fille de B.
Née du viol = figure solaire et pure (p 298) « une petite voix d’enfant (…) qui frottait les syllabes les unes contre les autres comme les silex pour en faire jaillir le feu » = liberté et joie « cascade joyeuse, libre, échevelée ( babil folâtre dont je sais désormais qu’il doit être au plus près de la langue des anges » = p 200 « lançait son bavardage aux nuages », figure de l’innocence, de l’insouciance infantile « Elle leur disait de se pousser, de rentrer leur gros ventre, de laisser le solei seul dans son grand ciel ». N’est pas marqu ée par la honte de sa naissance, par l’humiliation ou la culpabilité, ni par la folie de sa mère, ne souffre pas de son indifférence et de son silence : « tenait fièrement le bouquet qu’elle avait cueilli pour sa mère », « Elle pris la main de sa mère, y a déposé le bouquet » (p 202) + tente de la ramener aussi à la vie, à la réalité, à l’amour : « Poupchette courut vers elle et se blottit contre ses cuisses », alors que Emelia = « s’était arrêtée sur une sorte de promontoire, au-delà duquel la pente se casse et se déchiquète en rochers brisés »
Nbreux gestes d’affection entre elle et B. et déclarations d’amour inconditionnel pour elle : incarne le bonheur de vivre, l’espoir. Ms pb de son existence : p 369 comparaison entre ses joues et des « fleurs de paradis » : « comme si le paradis pouvait être de cette terre, comme si d’ailleurs, où que ce soit, il pouvait même exister » + « dormait comme si elle n’était pas encore née » : Poupchette comme un rêve, un phantasme, du narrateur ?
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pour la question de synthèse : l'ambivalence de l'âme humaine
Séquence II : étude d’une œuvre intégrale Le rapport de Brodeck P. Claudel 2008
Objets d’étude croisés : le personnage de roman, du XVII ème siècle à nos jours / la question de l’homme dans les genres de l’argumentation du XVII ème siècle à nos jours
Perspectives d'étude : les genres et les registres, l'argumentation et ses effets sur les destinataires, l'histoire littéraire
Pbtique : Comment l'écriture romanesque permet-elle de mettre en scène l'ambivalence de l'être humain ?
Question de synthèse : une humanité noire et grise
A – Les membres supposés de la « confrérie de l’éveil »
Les figures les importantes du village + les jurés du rapport de B. cf chapitre XVII : lors de la convocation de B. pour une première lecture du rapport. Ceux qui savent, qui manipulent, responsables de la mort de l’Anderer et de la lâcheté du village, de la collaboration avec les occupants …
Orschwir = le maire, éleveur de porcs, riche et puissant, représente l’autorité, celle qui n’est pas contestée. Portrait physique dépréciatif p 36 « aussi laid qu’un régiment barbare au grand complet » p 20 « ses mains larges comme des sabots de mule », « son visage encore plus violet que d’habitude », « son nez piqué de vérole ». Svt associé à ses animaux = un porc et aspect primitif, brutal, peu soigné, voire répugnant : « Il était encore en caleçon (…) paletot en poils de chèvre, sa toque en loutre » p 44 + son repas de lard gras et « ses lèvres gardaient encore un peu de la luisance que le gras du lard y avait déposé » (p 51) + « odeur de cuir, de nuit, de lard frit, de barbe et de peu sale ».
Est devenu maire à la suite de la mort de ses deux fils, mort accidentelle et stupide : « c’était encore de grands enfants, et qui ont cru que soudain la guerre tout soudain les faisait devenir des hommes », « nos premiers morts » → dramatique mais ridicule. Pourtant traités avec les honneurs dus aux anciens combattants = inscription de leurs noms sur le monument aux morts. Manipulation de l’histoire par le maire (le pouvoir)
Ferme = représentation de son pouvoir social : « une grande ferme, ancienne, prospère, ventrue, aux immenses toits ». Evocation du respect du à l’autorité et la richesse par les habitants du village + p 38 « Elle est immense cette cour. Un vrai pays à elle toute seule » et « Ventre et cœurs unis » = la devise gravée à l’entrée // « philosophie » du maire (cf la parabole des trois âges de la vie »). P 47, maison décrite comme un labyrinthe : image du Minautore ( ?)
Rôle du maire pendant l’occupation « ne fut pas inquiété le moins du monde » et commerce avec l’occupant « sans état d’âme » (p 49). Profiteur sans scrupule : « il leur céda (…) les plus gras de ses porcs contre des pièces d’argent qu’ils (les occupants) sortaient par poignées de leur poche après les avoir sans doute volées quelque part » = absence de morale + dénonce les « étrangers » à Büller, envoie à la mort B. et Frippman « ils ne pouvaient l’ignorer (p 278). Après l’arrestation de B., mépris envers Fédorine et Emelia (alors que Diomède tente de se rattraper) : « ne se déplaça pas les visiter », « il leur fit livrer un jour un demi cochon qu’elles trouvèrent devant leur porte » (p 280). Laisse Gôbbler, « sorte de maire en second », afficher la face ouverte et visible de l’occupation pour garder son rôle de maire ensuite.
Assassin sans remords : « ce couteau qui lui servait le plus naturellement du monde ce matin là à se nourrir et qui la veille au soir s’était sans doute planté à plusieurs reprises dans le corps de l’Anderer » (p 44)
Commande le rapport et le brûle ( XXXIX) et parabole du berger // les trois âges de la vie. Justification de tous les actes, même les plus honteux, seul vivre compte et manger. Rôle du chef selon lui = berger et ses moutons. « On confie des bêtes au berger » : il doit en satisfaire les besoins matériels et les protéger du danger. Pas de relations affectives « qu’il les aime ou non, ce n’est pas mon affaire, ni la leur, je crois ». + nécessité de l’oubli : « de tous les dangers, celui de la mémoire est un des plus terribles ». Brûler le rapport suffit à effacer le souvenir du crime : « Il est temps d’oublier. Les hommes ont besoin d’oublier » = refus de la culpabilité de la distance réflexive. // dimension chrétienne du berger ms déviés de son sens ici.
Le plus coupable car a conscience de sa démarche, est le fruit d’une réflexion sur l’homme qui lui nie toute grandeur, sont des porcs ou des moutons. Vision d’un pouvoir Sali, avili, dégradé ms sûr de lui et de sa vérité.
Limmat
Fut « le maître d’école de deux générations d’élèves au village » p 101, normalement, du côté du savoir + 80 ans et n’a pas participer à l’Ereigneis. D’abord, image du sage, de l’expert : « Il regarde les flammes, relit les livres de sa bibliothèque », « le plus grand chasseur et coureur de bois de notre contrée », et générosité « Il distribuait aux plus nécessiteux son gibier » (p 102) A aidé B., a conscience de sa différence qu’il ne semble pas condamner « tu n’étais pas comme les autres (…) et je ne dis pas cela parce que tu n’étais pas de chez nous » (p 104). Image amicale, rassurante voire paternelle.
Mais image trompeuse et fausse, révélation de sa véritable nature lors de la scène du « tribunal » p 151. cf attitude du maire envers lui « le visage d’O. s’éclaira d’un grand sourire » à son arrivée + lui « demanda respectueusement ». et mise en garde que Limmat adresse à B. p 157 « Je te conjure de faire attention (…), je te conjure de rester dans le chemin tracé » = incitation à dire ce que les membres de la communauté veulent et non la vérité + ne pas dire « les songes ». Inversion des valeurs, les « songes » qu’il ne faut pas que B. dise, sont la vérité.
Trahison insupportable pour B. « je sentis une saveur amère emplir ma bouche et l’envahir » (p 151) , perte d’un de ses rares repères fiables : « j’avais perdu (…) une parcelle, une de plus, de foi et d’espérance » + évocation à ce moment du récit de la complicité entre le maître et l’élève = faux aussi ?
Intellectuel qui cautionne par la parole et le savoir la réécriture de l’Histoire et l’oubli.
Göbbler
Voisin de B. l’espionne sans cesse. Collaborateur actif.
Personnage sinistre, physiquement et moralement, passé mystérieux, est arrivé au village en même temps que les occupants, accueilli chaleureusement par le maire, « travaillait dans une administration, mais on ne sait pas trop laquelle » p 33. « visage taillé à la serpe, ne sourit jamais et ne parle pas davantage » // avec les animaux qu’il élève = coqs « Ses yeux bougent de la même façon, et la peau qui pend sous son cou lui dessine des rougeurs sanguines » + p 317 son odeur = « l’odeur des crottes de poules et de leur plume (…) écoeurante, corrompue comme celle des tiges pourries de vieilles fleurs oubliées » = répulsion.
Seul sourire « ses dents grises et pointues, très pointues, comme s’il les avait limées durant des soirs et des soirs » p 34
Cruauté morale p 34 écrase l’escargot « plein d’une grâce innocente » et avertissement « Fais attention » // entre le sort de l’animal et celui de B. Lors de la lecture du rapport, accuse B. d’écrire autre chose « J’entends tellement ta machine ». Après la réplique de B. « ses yeux presque morts cherchèrent les miens comme pour les crever »
Cruauté froide qui se révèle par à coups, sorte de monstre tapi, qui guette le moment pour frapper + cf XXIX, G. a fouillé la resserre et B. se rend chez lui, prend alors conscience de son regard « (ses yeux) n’avaient plus rien d’humain. On aurait dit des yeux de glace, des yeux gelés ». Monstre froid, sans remords ni conscience.
Collaboration active avec l’occupant et y entraîne les habitants « C’est sur les conseils de Göbbler que le village peu à peu bascula » (p 291) et argumentation en faveur de la collaboration = économiques et sécuritaires, absence de morale, même pas d’idéologie. « Homme veule », s’offre aux occupants // sa femme qui se donne à eux physiquement et avec plaisir (p 292) : « ses cuisses s’ouvrirent largement à toute la troupe, et elle distribua ses faveurs autant aux gradés qu’aux simples hommes de camp ».
Livre les trois Fremder aux occupants ( p 294) alors que ceux-ci allaient partir « c’est chez lui que les hommes emmenèrent les jeunes filles. C’est lui qui les convainquit de les livrer » et donc cause de la colère d’Emelia, et du viol. Qualifié d’ « homme puissant » auprès de Büller, ms ne fait rien pour la protéger.
B – Les autres habitants : les gris foncés
· Diodème : nom d’ un héros grec de l’Iliade = un guerrier absolu : référence ironique ? portrait positif (p 38-39). Instituteur, ami de B., « plus âgé que moi », « nous nous entendions comme deux camarades » + « de la sagesse », « un homme peu ordinaire », « connaissait bien des choses ». Figure du savoir, comme B. et Anderer : « passait la plupart de ses heures de liberté dans les archives du village », « les livres, les documents et les registres des temps anciens » = du côté de la préservation de la mémoire, ( p 39-40) discours qui en fait l’opposé du maire « Moi, depuis tout petit, j’aime les questions, et les chemins qui mènent à leur réponse », se considère comme différent (supérieur ?) aux hommes « communs » qui « vivent un peu comme des aveugles »
Ecrit des romans qu’il ne lit qu’ à B. que cette lecture amuse et endort … « toujours un peu les mêmes histoires, compliquées ( …) jeunes filles retenues prisonnières », romans à l’eau de rose cf liste des titres
Portrait physique positif : « Il avait un fier visage. Son profil était celui d’une médaille romaine ou grecque » mais « héros des temps perdus, de ceux qui sommeillent dans les tragédies, les épopées », « ces bergers de l’Antiquité ( …) des dieux déguisés ». Elts qui soulignent son inadaptation à l’horreur, à la réalité de la peur quand il va se heurter à elle : héros « de papier », va trahir B., participer à sa dénonciation, par peur « (il) sentait son cœur battre à tout rompre, tandis que ses mains étaient trempées », « ne parvenait plus à déglutir » (p 279) face à Buller.
Echec souligné dans sa lettre à Brodeck « j’ai essayé toute ma vie d’être un homme mais je n’y suis pas parvenu » et honte de cet échec va le conduire à se confesser puis au suicide. ( du moins B. le suppose) Ambiguïté du personnage soulignée à plusieurs reprises (même si B. semble lui pardonner cf p 270 « Je sais comment la peur peut transformer un homme »). S’occupe d’Emélia et Fédorine pdt l’absence de B. ms (en parlant de plusieurs personnages ( « ce geste est de l’ordre du rachat (…) garder dans leur conscience une zone pure, une parcelle vierge de tout mal » + son bonheur au son retour ms « (p 280) « je revenais mais c’était c’est qui pouvait enfin revivre » +l lors de la remise des noms à Buller (p 279) « Diodème y était aussi. Il pleurait (…) Il pleurait mais il y était » + doutes de B. sur la sincérité totale de sa confession « (il) me jure qe lui n’avait pas mis mon nom, mais je ne le crois pas », « a pu aussi être convaincu aisément » (p 277) + n’a pas participé à l’Ereignës ms refuse de connaître la vérité « Je ne veux rien entendre. Tu n’as rien vu », « Laisse-moi tranquille ! »
· Le curé Peiper
Homme brisé, ne croit plus en rien, même plus en dieu. « je suis l’égoût, je suis l’homme égout. » (cf B. « l’homme chien », « homme merde »), fait un autre parallèle « Tu te sens seul de devoir dire le pire, moi, je me sens seul de devoir l’absoudre » (p 165)Image triviale et ordurière des confessions des villageois « Il faut qu’ils se débarrassent », « Ils peuvent dormir tranquille, moi je déborde » Homme pathétique, poids des secrets ignobles et sales qu’il ne peut révéler, souffre de la noirceur des hommes d’où alcoolisme « C’est mon seul ami » ( = le vin). Ms apparaît un goût ( même dégouté pour la puissance que lui donne ce savoir) : « ils ont peur de moi et de ce que je sais d’eux » p 165 or « C’est la peur qui gouverne le monde », retire une certaine jouissance de sa position : « Je vois leurs visages dans mon église, tandis que je suis en chaire » + mépris pour l’humain cf langage très cru, vulgaire : « ce n’est pas de l’eau bénite qui suinte de leur cul ». Elts qui disqualifient quelque peu le discours et la position de victime, de martyr, prise au départ.
Scène finale = pitoyable p 167 « riait comme un damné » en brisant les bouteilles, puis « sanglota comme un enfant » et enfin, s’endort sur la table « des ronflements paisibles » + accusation de B. Peiper a joué un rôle dans l’Ereignës, a monté les esprits des villageois contre l’A. « les délires avinés de Peiper jetèrent au contraire encore un peu plus d’huile sur le feu » Allusions qu’il a fait à l’ Antéchrist et Jugement dernier mène à la diabolisation de l’Anderer « je ne sais pas qui prononça le nom de diable (…) mais il arrangeait la plupart » (p 338)
Schloss : aubergiste du village
Auberge = lieu central des evts tragiques et lieu du meurtre = en apparence anodine « ressemblait à n’importe qu’elle auberge de village » (p 169) mais aussi le lieu de secret = salle de « l’Erweckens Braderschuf » p 331 où se réunissent les membres de la confrérie. Schloss n’a pas la clef, dc ,n’en fait pas partie.
Portrait physique dépréciatif p 17 « regard de taupe sournoise, son front suintant (…) ses dents brunes qui sentent le pansement sale ». Svt allusion à la sueur « son front luisant comme s’il venait de le frotter avec du saindoux », « me semblant encore plus suant que d’habitude », « les lèvres qu’il avait grasses » (p 170) // ce que représente le personnage « méfiant et craintif » p 170 et surtout lâche « Je fais ce que l’on me dit, c’est tout. Je ne veux pas d’histoire » cf, c’est qui a effacé les traces de sang dans la chambre de l’Anderer « Il fallait bien que quelqu’un le fasse » (p 172). Mais tente svt de se justifier « je ne suis pas le plus mauvais » p 176 « je ne suis pas le pire ». + se justifie de sa collaboration avec l’occupant : « Qu’est-ce que tu voulais que je fasse, c’est mon métier de servir à boire », dit ne pas avoir eu le choix, collaboration qui n’était pas honteuse car absence de choix, les circonstances de la vie.
Malgré tout « sauvé » par sa femme morte : « depuis qu’elle n’est plus là (…) plus rien n’a d’importance » : reconstruction de l’histoire , l’amour lui aurait donné le courage de ne pas être lâche : « je me sentais fort en sa présence … Peut-être que je leur aurais craché à la gueule » (p 177) + description de la naissance de l’enfant, de ses quatre jours de vie = un tableau heureux d’une vie familiale joyeuse, révélation d’un autre personnage, tendre et aimant // B. et à l’amour qu’il porte à ses femmes et // culpabilité aussi (p 180) « Il est mort sans nom, et depuis, je n’ai cessé de m’en vouloir, comme si c’était cela qui l’avait un peu tué »
Même trouble du personnage lors de la visite à B. « Il fallait que je te parle pour te prouver (…) que je ne suis pas un mauvais homme » ms prévient qu’il n’assume pas « je nierai tout ». Raconte l’entretien entre le maire et l’Anderer comme pour se soulager et aider B. ds la recherche de la vérité ms suspicion de B. « comme si il avait appris par cœur son compte rendu et qu’il récitait » (p 335) + autre raison de se méfier de sa sincérité « Cinq jours plus tard (…) dans toutes les conversations, on retrouvait le dernier morceau de l’échange entre le maire et l’Anderer ». = marche vers la diabolisation : rumeur Anderer « envoyé par quelqu’un » et « croyances » + doute de B. liés à l’attitude de l’aubergiste ds le groupe des hommes ayant participé au meurtre « il n’avait pas l’air en retrait. Il ne semblait pas désavouer le crime commis entre ses murs, quoiqu’il me dise désormais » (p 177), « C’est toujours simple de regretter après coup ce qui s’est passé. Ça ne mange pas de pain, et ça permet de se laver à la fois les mains et la mémoire, à grande eau, pour les rendre pures et blanches » p 177
C - Autres habitants du village tous marqués par l’animalité, la saleté, la crasse, la bêtise, la violence.
· Gustav Dörfer ( p125) « vêtements sales qui dégagent une odeur de navet cuit » alcoolique « quand il a quelques sous, il les boit », violent, bat sa femme « après avoir saccagé le logis et cassé le peu de vaisselle » et son fils : « Il avait des bleus au front (…), son regard disait les coups et les souffrances »
· Pipersheim (p 124) patron du café : « gencives crêtelées et saignantes », « haleine difficile »
· Frida Niegel « une bossue aux yeux de pie qui sent toujours l’étable » p 106
· « Les deux filles Glacker, la grande qui a une tête de lérot et la petite dont les yeux se noient dans la graisse » (p 106)
· Otto Mielk « sa panse entre les mains » p 87
· Vurtenbau « un paysan à tête de lapin » p 21 « qui est si bête, n’a jamais ouvert un livre de sa vie », p 112 « ses oreilles immenses, d’un violet foncé »
· Gunther Beckenfür : témoin de l’arrivée de l’Anderer, beau frère de Cathor : p60 « un air abruti », « machouille une cigarette qui lance dans la pièce une odeur de corne brûlée » + son père « le vieux se parle tout seul, dans le gargouillis de sa machoire où il ne reste que deux ou trois dents, (…) sa frêle tête d’étourneau »
· Johan Lülli : le nouvel instituteur après Diodème « une jambe plus courte que l’autre », « fait ânonner les enfants ».
D - Quelques personnages « clairs »
· Le vieil homme qui recueille B. à la sortie du camp et prend soin de lui = rachat pour son fils qui est du côté des bourreaux (Chapitre XI) p 98 Pardonnez-lui … pardonnez leur »
· Stern « habite en dehors du monde » (p 115), vient rarement au village. Donne une explication possible à la mort des renards : p 120 « il n’y a pas que les hommes qui pensent trop » (Cf dimension symbolique de ces animaux). Ne sait pas que l’Anderer est mort, demande de ses nouvelles « Nous étions donc au moins deux à ne pas avoir de sang sur les mains » p 121. Donne à B. toque, mouffles et pantoufles qui lui avait été commandées par Anderer.
· Mère Pitz, tient un café où B. se refugie après l’épisode des « cochons carnivores » ( p 54) « connaît toutes les plantes du plateau », aide B. avec ses connaissances sur les plantes. N’est pas du village « Ma vie, c’était là-haut vraiment ( …) Ici j’étouffe (…). On est comme des rats, on se traîne au ras du sol » (p 55) // Fédora, très agée : « a passé les 75 ans » (p 54) « courbée en deux, comme pliée à l’angle droit » Ms beauté « elle avait de grands yeux très verts, très beaux, avec des paillettes d’or sur le pourtour de leur iris » + « les yeux n’ont pas d’âge (…) on meurt avec ses yeux d’enfant » et aussi figure maternelle, le réconforte car B. coincé ds sa peur « je tremblais comme une vieille crécelle sous le vent de Pâques. J’étais glacé ». Lui apporte une boisson chaude ; « je lui ai obéi comme un enfant » puis un herbier, comme on peut le faire pour un enfant : « ça te changera les idées »
· Autre image de l’enfance, de l’innocence Frippman qui va être dénoncé et arrêté comme Brodeck ( p 277), une sorte de simple d’esprit, étranger au village « arrivé 10 ans plus tôt », on aurait cru que Frippman avait reçu un grand coup sur la tête », un être marqué par le malheur ms heureux, comme un animal inoffensif qui avait trouvé refuge ds le village : « il paraissait doux », Il était plein de courage », « On l’adopta. Il se laissa apprivoiser sans mal ». Va pourtant être dénoncé, malgré son rôle ds la communauté : « Il venait aider un tel ou un tel ( sans jamais paraître se fatiguer. » Ne semble se rendre compte de rien , n’a aucune conscience du danger ≠B. « tandis que sa colonne s’avançait (…) je lui fis simplement un signe de la main (…) pour qu’il ne doute de rien, de ce grand rien que je pressentais » p 289
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